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Guillevic, de très ancienne souche morbihannaise, naît à Carnac en 1907. Son père marin devient gendarme et la famille s’installe bientôt à Saint-Jean-Brevelay où elle vit en gendarmerie – ce qui n’empêche pas le petit garçon de passer une ‘’enfance habitée’’ par ce qu’il appellera ‘’la grande école des champs’’ . La terre bretonne, ses chemins creux et ses landes, le pays de Carnac, ses mégalithes, les rocs et l’océan le marqueront indélébilement.
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En 1919, départ de la famille pour une Alsace qui redevient française mais où on ne parle plus que l’alémanique et l’allemand. Le jeune garçon à qui, en Bretagne, on interdisait de parler breton tant en famille qu’à l’école est alors tenu de connaître très vite le dialecte alsacien et l’allemand s’il veut communiquer avec les autres. C’est ainsi qu’il devient trilingue.
En 1925, il est bachelier Math. Elems mais comme il lui faut désormais « gagner sa croûte » il travaille tout en préparant, seul, le concours de l’Enregistrement, où il entre en 1925 : après l’Alsace et les Ardennes. en 1935 il intègre le Ministère des Finances et des Affaires économiques à Paris, qu’il ne quittera plus.
Guillevic écrit depuis sa prime adolescence ainsi qu’en témoignent ses Carnets (de 1922 à 1940). Il publie en 1938 sa première plaquette, Requiem et son premier recueil, Terraqué (contraction de terra et aquae, de terre et d’eau) en 1942, chez Gallimard. Vingt-trois autres recueils ont paru à ce jour chez le même éditeur ainsi que des recueils posthumes. La poésie de Guillevic est traduite dans plus de quarante langues et de soixante pays. Lui-même a une importante oeuvre de traducteur à partir de l’allemand. Son oeuvre a inspiré auteurs, compositeurs et peintres (il a publié plus de 100 livres d’artistes dont Fernand Léger, Jean Dubuffet, Van Houten…) De nombreux grands prix internationaux et nationaux – parmi lesquels le Prix du Mont-Saint-Michel (devenu le prix qui porte aujourd’hui son nom) et le Grand Prix de Poésie de l’Académie française – ont récompensé son oeuvre. Il était Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres et Commandeur de la Légion d’Honneur
Sauvage et convivial, Guillevic a été—comme il aimait à le dire—le menhir en balade un peu partout dans le monde cherchant à recueillir et à donner. Il s’est éteint à son domicile, à Paris, le 19 mars 1997.
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