Malouine de toujours, Evelyne Brunet longe le sillon depuis des décennies…
Très intriguée par cette file d’arbres que sont les "pilotins", elle a ouvert tout grand ses yeux pour en saisir sur la pellicule l’impressionnant spectacle de formes, mouvements, ombres. Une vingtaine de clichés originaux sont nés de ce regard.
Petit historique des brise-lames Ces troncs de chêne plantés depuis 1698 sur la grande grève de St-Malo sont destinés à briser les lames afin que les murs de la ville soient protégés du choc des vagues, particulièrement puissantes lors des grandes marées : l’année précédente, en 1697, leur assaut avait en effet provoqué de dangereuses brèches. Dressés sur 2 ou 3 rangs, à 6 ou 7 pieds de distance, les pilotins sont associés à des épis perpendiculaires au sillon ou à des épis de planches. En 1735, suite à la fameuse tempête des 9 et 10 janvier, on leur a adjoint une file de "pilotins de garde" au devant de la chaussée du Sillon. Au XIXe siècle, c’est 2.600 troncs qui sont utilisés et en 1982 le contingent est encore augmenté. L’entretien de cette forêt de mer nécessite trois fois par an le remplacement de 300 de ces "tortillards". Avec le temps, ces veilleurs ont pris l’aspect du granit et des marques plus sombres attestent de la hauteur des marées dans la baie.
D’après Gilles Fouqueron, In Saint-Malo, 2000 ans d’histoire
|